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Live Reports

Eliasse / L’Aghja ( Ajaccio) / 22 mars 2025

Eliasse incarne le Zangoma! C’est ce que j’apprends en me renseignant pour ce concert à l’Aghja… Mais Zangoma, c’est quoi ? Le terme a été employé pour la première fois par le musicien comorien Baco, installé sur l’île de Mayotte, afin de désigner le métissage entre sons venus du rock occidental et sonorités des Comores au carrefour de l’océan Indien et de racines africaines. Voici pour la définition.

Eliasse, que je m’apprête à voir avec son groupe, sont les leaders actuels du style. Le rock zangoma qui met à l’honneur la terre natale de l’auteur-compositeur- interprète est un mélange de musiques électriques, de rythmes et de chants ancestraux de l’archipel. De l’afrobeat qui insiste sur les aspects rythmiques, en particulier avec l’usage du ngoma, tambour traditionnel. Totalement impliqués dans ce style hybride, les membres du power trio formé par Eliasse ( guitare /chant ), Jérémy Ortal ( basse) et Frédéric Girard ( batterie) jouent une world musique musclée, un afro-rock qu’on dirait taillé pour les dancefloors du moins à l’écoute de leurs premiers albums…

La tournée qui passe par Ajaccio annonce Zangoma troisième lp du groupe, attendu pour le 12 avril chez Soulbeats Music. En consultant le dossier de presse je comprends encore que ce disque est la célébration d’une identité, au carrefour de cultures et de sons. Il est aussi « un chant de vie« , poursuit le label dans sa communication, rappel de la culture comorienne et de la résilience d’une population qui vient de subir les importantes difficultés que nous connaissons…

Découvrir le groupe en concert, est un immense plaisir. Le samedi 22 mars, Eliasse et ses musiciens en tournée sont sur la scène de l’Aghja, la salle ajaccienne consacrée aux musiques actuelles. Je les rencontre en coulisses et ils sont tous les trois affables, sans prises de tête, ce qui ne semble pas du tout dans leurs habitudes. Après un échange où chacun donne ses influences et explique la démarche du groupe qui confirme l’idée que je m’étais faite, ils rejoindront la salle devant un public nombreux. Pour faire court, le set auquel on assistera est une pure régalade !  Du bonheur pour les oreilles sorti tout droit de la sono. La musique est ensoleillée, sa lumière et sa chaleur ne baisseront pas pendant 1h30 intense, timing tout au long duquel le public ne va pas cesser de danser .

Comme je l’ai décrit au début de cette chronique, ce qui est joué sur scène est un mélange de sons puissants, toniques , qui groovent d’un titre à l’autre. Un très grand mélange, devrais-je dire ! J’ai même pu entendre un son de guitare à la Black Keys ou des approches qui m’ont évoqué Delgrés et leur blues made in Les Caraïbes.

Quand on les regarde, les musiciens ne lésinent pas ! Le jeu du bassiste, Jérémy Ortal, se situe dans la catégorie de ceux qui en imposent. Je lui ai trouvé une présence indiscutable, avec un son de grand bassiste de soul music. Le batteur n’est pas en reste, peu avare de ses efforts, il nous offre avant tout du plaisir avec un jeu qui est tout sauf basique. Quand je l’ai interrogé backstage sur ses influences, c’est Stewart Copeland de Police qu’il a cité immédiatement. La réponse n’est pas surprenante puisque ce grand batteur savait mélanger jazz, funk, reggae et rock, ce qui est aussi une caractéristique de Frédéric Girard… Quant à Eliasse, leader indiscutable du trio – et qui peut aussi se produire en solo – le personnage est extraverti sur scène. Il est animateur du show, un chanteur – guitariste qui ne regarde pas sa montre ! Il sait quand il commence et … ça se terminera quand ça se terminera! En front de scène le guitariste envoie du son bien électrique, aussi bien rythmique que lead, aime poser des solos qui font mouche.  Au bout du troisième morceau il est parmi le public, descendu dans la salle où il est entouré de spectateurs ravis tous en mouvement.

Je ne connaissais pas Eliasse avant ce concert. En trio la formation est parmi ces artistes qu’il faut vraiment voir en live, parce qu’ils sont dynamisés par la scène et le contact direct. Des artistes « très sympas » comme on dit, très proches du public: la preuve ce 22 mars à l’Aghja ! Mais sachez une chose les concernant  ! Ne dites jamais devant eux  un petit concert ou un petit solo . Ils vous répondront : « Pourquoi petit ? Non, non, non, on donne tout ! » (cf vidéo interview backstage ci-dessous) et nous en avons eu la démonstration! Merci Eliasse qui ont communiqué de l’énergie à leur public. Sans discours politique, la Zangoma ravive l’image des Comores meurtries, participe à l’élan des musiques du monde par des croisements musicaux bien vivants! Une leçon?

https://www.facebook.com/Eliasse.BenJoma

‎Eliasse – Apple Music

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